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Les résultats de mon étude auprès des personnes endeuillées


coeur de personnes endeuillées

Il y a environ 6 mois j’ai lancé une petite étude sur mon site internet. Cette étude anonyme avait pour but de donner la parole aux personnes endeuillées, pour écouter et comprendre leur vécu du deuil, les outils, les aides, le soutien qu’elles ont eu ou qu’elles auraient aimé avoir, la place de l’entourage dans cette période si particulière etc.

Une trentaine de personnes a eu la grande gentillesse d’y répondre et je les en remercie chaleureusement !

 

Il est important de rappeler que chaque deuil est unique. Ce qui est présenté ici est un retour « global » qui permet de comprendre ce que l’on peut aujourd’hui essayer d’améliorer dans l’accompagnement, mais en aucun cas de généraliser le vécu du deuil qui reste singulier à notre propre ressenti.

 

 

Les principaux retours sur l’étude du deuil

 

Cette étude m’a surtout permis, en tant que professionnelle de cet accompagnement, d’améliorer continuellement l’aide que je propose en étant au plus près de votre réalité et de vos besoins.

 

-       Au-delà de la douleur, de la tristesse et du manque, les points problématiques ont été la fluctuation de l’état émotionnel, la durée de ce mal-être et les difficultés à en parler.

-       La nature, le sport, la créativité et la spiritualité/religion ont joué un rôle majeur comme aide dans le processus de deuil.

-       Pour presque la moitié de l’échantillon (44,8%) ce deuil a remis en cause une certaine confiance en soi et en ses capacités.

 

Le poids du silence

 

-       1/3 des personnes ne se sont pas senties soutenues, comprises et consolées lors de leur deuil.

-       Pour plus de 2/3 des endeuillés (72,4%), le vécu du deuil pourrait être amélioré si la mort était moins taboue.

-       Pour plus de la moitié, 58,6%, la place de la spiritualité et/ou de la religion a été important dans ce cheminement personnel.

-       Concernant la spiritualité et/ou la religion, 2/3 des personnes aimeraient pouvoir plus facilement en parler, échanger à ce sujet.

 

 

Les aides extérieures

 

-       41,4% des sondés ont eu recours à l’aide d’un professionnel (association, psychologues, psychiatres, autres professionnels du deuil). 20,7% ont envisagé de le faire mais ne l’ont finalement pas fait.

-       De nombreux maux physiques sont ou ont été rencontrés dans ce deuil : insomnies, fatigue, immunité fragilisée, angoisse, stress, problèmes alimentaires…).

-       2/3 des personnes ont reçu ou trouvé par elles-mêmes des informations sur l’évolution psychique et physique d’un processus de deuil.

-       Pour 4/5 d’entre-elles ces informations ont été bénéfiques en apportant plus de douceur et de compréhension sur ce qu’elles vivaient.

 

La place des méthodes naturelles

 

-       Seulement 1/3 des endeuillés ont eu recours à des traitements allopathiques (somnifères, anti-dépresseurs, anxiolytiques…).

-       Fait intéressant pour la naturopathe que je suis : 50% du sondage a eu recours à des traitements naturels : Plantes, fleurs de Bach, homéopathie, acupuncture, thérapie manuelle...

-       20,7% des sondés n’ont pas envisagé cette approche naturelle mais auraient été cependant intéressés.

 


soutien pour une personne endeuillée

Les conseils pour un(e) futur(e) endeuillé(e)

 

Voici quelques mots transmis par les personnes interrogées si elles devaient, demain, conseiller une personne tout juste endeuillée. Quoi de plus précieux et authentiques que vos propres mots, ceux de cœurs qui sont passés par ce chemin sinueux du deuil.

 

-       Parler

-       S’écouter

-       Bien s'entourer, se raccrocher à ses proches, continuer à "vivre"

-       Être patient, laisser du temps au temps

-       Ne pas oublier sa souffrance pour aider ses proches à supporter la leur

-       Se faire accompagner par un psychologue ou un psychiatre, cheminer à son rythme car chaque deuil est unique, intime, comprendre que le temps des endeuillés est toujours plus lent que le temps du reste du monde et que c’est normal d’avoir l’impression d’être « laissé sur le côté ». Ne pas écouter les phrases « bateau » et se réfugier auprès d’amis qui ont connu le deuil pour une écoute attentive

-       Trouver l’empathie et la bienveillance d’une personne qui a déjà vécu le deuil

-       Prendre le temps, vivre pleinement ses émotions, parler de son ressenti à des personnes qui comprennent et qui ne jugent pas, avancer pas à pas

-       Créer

-       Chérir les moments vécus, en concrétiser les traces (par des mots, des images, des objets)

-       Vivre son deuil librement, lâcher prise

-       Prendre un vrai temps pour regarder sa peine en face avec sincérité, sans se mentir ou se comparer

-       Se faire aider par un professionnel, parler le plus possible aux oreilles attentives et délicates

-       S'entourer de personnes bienveillantes, positives et qui comprennent

-       Accepter que la douleur soit toujours présente mais qu’on fera mieux avec elle avec le temps

-       Accepter le cycle de la vie

-       Ne pas presser les choses. Ça murira à sa propre vitesse, c'est tentant de ne plus vouloir ressentir tout cela mais un jour ça ira mieux

-       Tout changement est une opportunité

-       Accepter de laisser venir ces émotions, s’écouter, s’écrouler…

 

Dans les suggestions pour améliorer le vécu du deuil aujourd’hui, il en est ressorti :

libérer la parole, comprendre le processus de deuil, laisser du temps aux endeuillés, intégrer la mort comme faisant partie de la vie….

 

 

Ce que je retiens de cette étude :

 

Le poids du tabou de la mort reste très présent pour de nombreuses personnes. Il enferme la parole et avec lui la souffrance qui ne demande qu’à sortir et surtout à avoir le droit d’être présente et visible. A mes yeux en lisant ces réponses, je me dis que tout reste à faire en France pour accompagner le deuil comme on accompagne aujourd’hui toutes les autres étapes de la vie. La mort mérite d’être évoquée dès l’enfance, à l’école, à la maison. Son silence devient une angoisse ancrée dans nos vies.

 

Beaucoup aimerait pouvoir parler plus facilement de leur deuil, avoir des professionnels présents à leurs côtés mais aussi que l’entourage soit plus sensibilisé à ces périodes de vie, on en revient ici à un problème de connaissance et de sensibilisation. Je remarque qu’il est important que le processus de deuil soit expliqué, cela rassure et apporte de l’apaisement pour les personnes en souffrance en leur confirmant ces nombreux états émotionnels qui peuvent survenir.

 

La nature est une aide incontestable dans ces moments, elle nous relie au « grand-tout », au Vivant, quand justement on ne le ressent plus dans son cœur. Son calme, sa beauté, ses senteurs… tout est là pour remettre tous nos sens en éveil, ramener ce souffle de vie qui est éteint en nous.

 

Je conclue aussi qu’il est important de faire connaître les nombreuses aides et méthodes naturelles qui peuvent soutenir le corps mais aussi le cœur durant un deuil (avant si besoin de passer par la case médicament). Les plantes médicinales, les soins du corps, les fleurs de Bach… la nature nous a tout donné, il ne faut pas hésiter à la solliciter.

 

 

Le temps lors du deuil reste une thématique importante. La citation d’une participante ci-dessous résume pleinement cette question de durée :

 

Ce qui m’a manqué : que la société accepte que ce soit un cheminement long, là où aujourd’hui elle s’attend à ce que ce soit rapide, car tout est rapide dans ce monde.

 On « presse » les endeuillés à ne plus montrer leur désespoir parce qu’on refuse de le voir,

 parce qu’on n’aime pas voir le négatif.

Sauf que le deuil, ce n’est pas « une mauvaise passe »,

c’est une épreuve qui change profondément le restant de (sur)vie de l’endeuillé et on ne peut pas presser quelqu’un dans ce cheminement

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