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Au cœur de l'émotion

Vous avez peut-être entendu au cours de votre vie qu’il était important de savoir « maitriser » ses émotions, les « gérer », les canaliser, faire taire les « mauvaises » et travailler sur les « bonnes » … ?

Que ce soit pendant un deuil, au travail, en repas de famille, en tant que parent, tout est encouragé pour que notre état émotionnel soit « lisse », propre et surtout discret, symbole de l’incroyable « contrôle de soi » d’un humain fort et discipliné !

 

Vous l’aurez compris, l’être que nous sommes est bien loin de cette « idéalisation » émotionnelle.

 

Je vous invite à une plongée au cœur de nos émotions !

émotions et deuil

Qu’est-ce qu’une émotion ?

 

Une émotion est une réaction adaptative et surtout physiologique. Elle nous permet de « fuir » ou de « combattre ».

 

Elle passe par le corps, témoin des différents ressentis qu’elle génère sur son passage : gorge nouée, palpitation, rougeur, larmes, sourire, diffusion de neurotransmetteur (dopamine, adrénaline, sérotonine…).

 

Un point important : les émotions ne durent PAS ! Sa première perspective en réaction à une situation est donc de disparaître rapidement.

Les sentiments eux, à l’inverse, durent dans le temps.

D’ailleurs « une émotion : plus on l’exprime plus on la libère ; un sentiment plus on l’exprime : plus on le renforce ».

 

Le point essentiel : nous n’avons PAS le choix d’éprouver une émotion ! Ce qui veut dire que l’on ne peut aucunement juger une personne qui vit une émotion.

 

Les déclencheur externes

 

Les déclencheurs extérieurs peuvent être variés :

 

-       L’attitude des autres dans un premier temps. Une discussion entre amis, une réunion au travail, un message de son partenaire et nous voilà plongé dans diverses émotions.

-       une image ou un visuel : contempler un paysage, regarder de vieilles photos

-       une odeur

-       un bruit

-       une sensation physique

 

Les déclencheurs internes

 

Cela concerne nos propres pensées, sentiments, souvenirs ou attitudes. En (re)pensant à une situation, à une personne, un lieu, une façon de faire, nous pouvons voir émerger bon nombre d’émotions, certaines pourront par exemple nous mettre en joie ou en colère.

 

 

Les différents types d’émotions

 

Les familles d'émotions


Il existe 4 grandes familles d’émotions auxquelles viennent désormais se greffer des catégories supplémentaires.

Les grandes catégories sont :

-       La Joie

-       La tristesse

-       La peur

-       La colère


A cela nous pouvons ajouter la surprise, le dégoût, la honte et même la compassion.

 

Les émotions « élastiques »

 

Une émotion « élastique » est une émotion « blessée » qui se réveille au contact du présent.

 

Un traumatisme passé par exemple peut nous avoir fait vivre une immense tristesse que l’on a pu contenir sur le coup. Au fur et à mesure des expériences de la vie, des évènements ou déclencheurs pourront faire revivre cette tristesse enfouie dont on se n’est pas occupé à l’époque.

 

Les émotions « parasites »

 

Il arrive parfois que face à une situation, une émotion vienne prendre la place d’une autre.

On peut appeler cela une émotion de substitution. Par contre il est important de noter que cela peut souvent être inconscient.

 

Exemple, un homme qui a perdu son travail pourra montrer de la colère à son entourage mais derrière se cache finalement l’émotion de la tristesse.

Autre exemple, une femme qui se fait rabaisser lors d’une réunion au travail pourra se mettre à pleurer (de tristesse) alors que derrière, l’émotion dite « saine », serait de la colère face à ce manque de respect de sa personne.

 

Une émotion n’est jamais présente dans votre vie ? Vous êtes rarement en colère ? Triste ? Il serait intéressant de mener une petite enquête voir s’il n’y a pas un « switch » entre certaines de nos émotions, si certaines n’ont pas « parasité » la place des autres ?


émotions et deuil

Pourquoi les émotions font « peur »

 

Nous avons sur nos épaules un lourd passé historique mais aussi sociétal où le fait de vivre et ressentir pleinement ses émotions n’a jamais été encouragé et surtout appris.

 

Durant les nombreuses périodes de guerre, de famines, de conflits il fallait avant tout tenir ! Survivre était l'essentiel ! "Vivre" ? Qu’importe on était encore debout.

Mais à quel prix ?

Combien de femmes ont été traitées « d’hystériques » alors qu’elles avaient juste des émotions ou traumatismes qui n’étaient pas réglés ? Combien de parents à l’époque on dit à leur fils qu’il fallait être « fort », « qu’un homme ça ne pleure pas », à une fille qu’elle « s’écoutait trop » ou qu’elle était « vilaine » quand elle ressentait de la colère ?

 

Une maladie moderne est le « burn-out ». Au-delà de conditions de vie souvent déconnectées de « la vie » et de nos rythmes biologiques il y a souvent un trop plein émotionnel qui s’est installé menant à cet épuisement psychique et physique.

Au travail par exemple, de nombreux salariés reconnaissent après-coup avoir trop longtemps accepté des situations de mal-être, de frustrations, d’ennui qu’ils ont mis de côté jusqu’à ce que le corps s’en charge et dise « Stop, c’est trop ! ». Les émotions ici n’ont pas pu pleinement s’exprimer mais pour autant elles ne disparaissent pas : elles rongent l’âme à petit feu.

 

L’erreur des « bonnes et mauvaises » émotions

 

Cette recherche permanente aujourd’hui d’une vie remplie de belles émotions, d’un bonheur permanent (surtout avec l’arrivée des réseaux) et un réel danger pour notre équilibre émotionnel.

 

Il n’y a pas de BONNES ou de MAUVAISES émotions. Bien sûr il y en a qui sont plus agréables que d’autres à ressentir mais toute émotion à un message à transmettre.

C’est un guide qui vient nous éclairer, nous conseiller, nous prévenir, nous alerter… encore faut-il vraiment l’écouter.

 

La colère, si elle est "saine", c’est-à-dire qu’elle apparaît puis disparaît une fois l’émotion vécue, est très importante pour nous informer sur le respect de nos limites, de notre personne et de notre territoire.

 

L’autre, ce miroir émotionnel

 

Il est intéressant de noter que l’on ne peut pas accueillir chez l’autre une émotion que l’on n’a pas encore accueillis chez soi.

Regardez les personnalités qui vous irritent. Qu’ont-elles mis au grand jour que vous n’osez peut-être pas exprimer ? On peut s’interroger sur certains agacements :

 

-       Cette personne qui arrive toujours en retard avec une grande désinvolture? Elle s’autorise peut-être une part de désobéissance qu’au fond j’aimerais franchir ?

-       Cette femme qui joue de sa beauté auprès des hommes ? Elle assume peut-être une part féminine dont moi-même j’ai peur ?

-       Cette personne qui s’enflamme lors des discussions ? Elle ose peut-être exprimer sa colère quand la mienne est enfouie dans mon cœur ?

 

 « Fuis-moi je te suis »

 

Vous l’aurez compris si l’on ne s’occupe pas d’une émotion elle va agir comme un enfant… c’est elle qui s’occupera de nous !

 

Plus on la fuit, plus elle grandit, plus elle devient envahissante intérieurement et même physiquement. Il suffira ensuite d’une petite goutte d’eau pour faire un jour déborder le vase. Le problème est que ce débordement se fera sans notre accord, à un moment que l’on n’aura pas choisi, comme l’exemple du burn-out un peu plus haut.

 

Ce déni émotionnel use énormément d’énergie vitale.

 


Méthode pratique d’accueil des émotions

 

Il existe aujourd’hui des thérapies d’acceptation des émotions qui permettent de renouer les connexions avec notre corps (méthode TIPI, EmRES, thérapie d’acceptation et d’engagement, Thérapie Comportementale et Cognitive etc…).

 

Car il ne faut pas oublier qu’une émotion est avant tout PHYSIOLOGIQUE, c’est-à-dire qu’elle se manifeste dans le corps.

 

Voici une méthode pour vivre pleinement son émotion :


-       Quand une émotion se manifeste, souriez-lui en lui disant « bienvenue » !

-       Fermez les yeux

-       Regardez ce qui se passe dans votre corps (sans mentaliser !).

-       Si besoin au début vous pouvez nommer à voix haute les ressentis : je ressens des picotement dans les mains, les pieds, un pincement à l’épaule, mon souffle est court, j'ai un nœud dans le ventre, ce nœud est froid, noir etc.

-       Laissez faire ces sensations (toujours sans mentaliser) jusqu’à ce qu’elles disparaissent, juste en les observant comme un regard extérieur

-       Repensez à ce qui vous a contrarié, s’il n’y a plus de manifestations c’est que c’est terminé !


Une émotion est dite « saine » quand ce processus dure quelques minutes seulement. Avec de la pratique, plus on le fait plus on s’habitue à se mettre en écoute de ce qui se passe dans le corps. On ne se "coupe" plus de nos émotions, on fait corps avec elles pour les laisser vivre !

 

Si une émotion revient fréquemment, qu’elle perdure dans le temps c’est alors qu’elle a quelque chose à vous dire. Il est important dans ce cas de venir tendre l’oreille sur ce qu’il se passe dans sa vie, d’écouter avec honnêteté les changements et les ajustements que l’on a besoin d’effectuer pour aller mieux, être plus en accord avec notre cœur et notre âme.

Cela peut se faire bien sûr avec l’aide d’un thérapeute qui peut nous accompagner sur ce chemin.

 

 

« Le chagrin cadenassé ne s’assèche pas de lui-même.

Il grandit.

Il s’envenime.

Il se nourrit de silence.

En silence il empoisonne sans qu’on le sache. »

(Annie Duperey)

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